VRS : nirsevimab chez les nourrissons et jeunes enfants
Le virus respiratoire syncytial (VRS) cause de nombreuses hospitalisations chez les nourrissons et jeunes enfants. On estime que chaque hiver, entre 50 000 et 80 000 nourrissons sont hospitalisés aux États-Unis. Cependant, en raison de l’épidémie de COVID-19, les vagues d’infections ont été décalées et débutent désormais en septembre. Certaines études mettent en évidence les bénéfices du nirsevimab.
L'anticorps nirsevimab, capable de protéger les nouveau-nés contre les maladies sévères causées par le virus respiratoire syncytial (VRS), a atteint l'effet protecteur élevé attendu lors de la première saison suivant son introduction aux États-Unis. Il s'agit du résultat d'une analyse réalisée par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américaines et publiée dans JAMA Pediatrics. Les chercheurs n'ont pas pu évaluer l'efficacité de la vaccination maternelle, car seules quelques femmes enceintes avaient été vaccinées.
En raison de l'approbation tardive, seuls quelques nourrissons ont pu être protégés à temps par le nirsevimab. Néanmoins, le New Vaccine Surveillance Network (NVSN) a réussi à déterminer l'efficacité de ce traitement. Le NVSN est composé de sept centres universitaires qui réalisent, pour le compte des CDC, le diagnostic des pathogènes chez tous les enfants hospitalisés pour des infections sévères.
Heidi Moline et ses collaborateurs des CDC à Atlanta ont mené une étude cas-témoins à test négatif, conçue initialement pour estimer l'efficacité de la vaccination contre la grippe saisonnière. L'effet de l'immunisation passive par nirsevimab est comparable à celui d'une immunisation active par vaccin.
Dans cette étude, le pourcentage de nourrissons passivement immunisés par nirsevimab a été comparé dans deux groupes. Le premier groupe comprenait des nourrissons traités pour une infection à VRS. Si le nirsevimab protège les nourrissons contre la maladie, le pourcentage de traitement dans ce groupe devrait être significativement inférieur à celui observé dans un groupe témoin de patients négatifs pour le VRS.
Tel a été le cas. Comme le rapporte H. Moline, seuls 10 des 765 nourrissons (1 %) traités pour une infection sévère à VRS avaient reçu nirsevimab auparavant. Dans un groupe témoin de 851 nourrissons présentant d'autres affections respiratoires sévères mais testés négatifs pour le VRS, 126 (15 %) avaient reçu une immunisation passive par nirsevimab.
Une nouvelle analyse de l'Institute for Quality and Efficiency in Health Care (IQWiG) confirme ces résultats. Les enfants traités par l'anticorps nirsevimab présentent un risque significativement moindre de contracter des infections des voies respiratoires basses causées par le VRS.
L'évaluation des bénéfices par l'IQWiG repose sur deux essais contrôlés randomisés : HARMONIE et MELODY. Environ 8 000 enfants sains âgés de moins d'un an ont participé à l'étude HARMONIE et environ 3 000 à l'étude MELODY.
Il a été constaté que les infections sévères des voies respiratoires basses liées au VRS survenaient significativement moins fréquemment chez les enfants ayant reçu le nirsevimab que dans le groupe témoin. 151 jours après l'injection, 1,7 % (HARMONIE) et 2,0 % (MELODY) des enfants du groupe témoin ont dû être hospitalisés, contre seulement 0,3 % et 0,4 % dans le groupe nirsevimab.
Après environ un an, les taux étaient de 2,4 % (HARMONIE) et 2,2 % (MELODY) dans le groupe témoin, et de 1,1 % et 0,5 % dans le groupe nirsevimab. Selon l'IQWiG, ces effets positifs de l'immunisation ne s'accompagnaient pas d'événements indésirables significatifs.
Depuis novembre 2022, nirsevimab est approuvé pour les nouveau-nés et les nourrissons au cours de leur première saison de VRS afin de prévenir l'infection. À ce jour, sa prise en charge reste cependant limitée aux enfants présentant un risque élevé de maladie à VRS, par exemple en raison de cardiopathies congénitales.
Sources :
- Real-world effectiveness of nirsevimab against respiratory syncytial virus disease in infants: a systematic review and meta-analysis - The Lancet Child & Adolescent Health
- Respiratory Syncytial Virus Disease Burden and Nirsevimab Effectiveness in Young Children From 2023-2024 | Pediatrics | JAMA Pediatrics | JAMA Network