Quand le poumon parle au cœur : le risque cardiovasculaire du patient BPCO et sa prise en charge
La bronchopneumopathie chronique obstructive n’est pas qu’une maladie respiratoire. Au fil du temps, le patient va développer des co-morbidités cardiovasculaires avec un impact important sur son pronostic et sa qualité de vie. Les études montrent que les exacerbations de BPCO majorent le risque cardiovasculaire sur le long terme. Comment prendre en charge ces patients ? Les réponses du Pr Sami Simons (Universitair Medisch Centrum, Maastricht).
De plus en plus de données démontrent que la BPCO est une pathologie plus complexe qu'une simple atteinte des voies aériennes. L'inflammation progressive et les anomalies de la paroi vasculaire liées à la BPCO peuvent entraîner un stress oxydatif, une rigidité artérielle, une inadéquation de la ventilation / perfusion et une hypoxémie chronique. Par ailleurs, une aggravation aiguë de la maladie va entraîner une hyperinflation, une aggravation de l'hypoxémie et un stress cardiaque accru pouvant augmenter le risque de rupture de plaque ou d'insuffisance cardiaque décompensée. Les co-morbidités cardiovasculaires fréquemment associées sont l'infarctus aigu du myocarde, la fibrillation auriculaire, l'insuffisance cardiaque, l'ischémie cérébrale... Les exacerbations sont des moments dangereux avec un risque d'infarctus aigu du myocarde multiplié par deux durant les 5 premiers jours et un risque d'AVC accru de 40% dans les 6 à 10 jours. Pour le Pr Simons, "une aggravation des symptômes fait entrer le patient dans une spirale infernale qui mène aux exacerbations, aux événements cardiovasculaires synonymes d'hospitalisations et à une mortalité cardiovasculaire quasi doublée à 10 ans". Le problème est que ce risque persiste sur le long terme dans les mois / années qui suivent l'épisode et n'est pas seulement l'apanage d'exacerbations sévères.
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