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Chiens détecteurs de Covid-19 : un succès scientifique, mais la Belgique y renonce

BRUXELLES 03/06 - Le dernier entraînement des chiens renifleurs COVID-19 a eu lieu le 2 juin 2021 à Neerhespen (Brabant flamand). Les chiens se sont avérés très efficaces pour détecter le virus, mais ils ne seront pas utilisés en Belgique.

Lorsqu'il a été annoncé début mars 2020 que des chiens étaient formés à l'Ecole Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort (ENVA) pour détecter le COVID-19, un projet scientifique similaire a été lancé en Belgique afin d'évaluer la capacité des chiens à distinguer des personnes porteuses du virus Sars-Cov2 de celles en bonne santé.
 
En novembre 2020, le gouvernement fédéral a donc fourni un budget afin que des échantillons de sueur de patients sains et atteints de COVID-19 (confirmés par PCR) puissent être prélevés et stockés. Certains échantillons étaient conservés pour des analyses chimiques ultérieures afin de déterminer les composants organiques volatiles excrétés dans la sueur des patients atteints de COVID-19. Des boules de coton ont ainsi été placées sous les aisselles de patients volontaires pendant environ 30 minutes avant d'être retirées et congelées pour un testing ultérieur par les chiens.
 
Succès scientifique
 
L'étude a rapidement fourni des résultats encourageants. La première phase s'est achevée le 08 mars 2021. Après 10 semaines de formation, les performances des chiens à détecter le Sars-Cov2 sur des prélèvements de sueur axillaire de patients humains ont atteint une spécificité moyenne de 98%, (seulement 2% de faux positifs) et une sensibilité moyenne de 81% (seulement 19% de faux négatifs).
 
Lorsque le budget initial prévu a été épuisé, les formateurs de la police fédérale et les différents maîtres-chiens ont décidé de poursuivre les entraînements sur une base volontaire, environ une fois par semaine. Cela a permis de constater une amélioration continue des performances des chiens. En effet, ils ont atteint aujourd'hui presque 100% de sensibilité et spécificité. Ces 6 chiens ont été en mesure de détecter des infections à Sars-Cov2 tant chez des enfants que chez des adultes. Par ailleurs, plusieurs essais ont montré que les chiens pouvaient également reconnaître des patients infectés par différents variants du COVID-19 (variants sud-africain, britannique et indien). Les chiens renifleurs COVID-19 étaient très efficaces dans cette reconnaissance et n'avaient pas besoin d'un entraînement spécifique à chaque variant. La vaccination contre le COVID-19 n'a pas non plus induit les chiens en erreur: ils pouvaient toujours correctement discriminer les échantillons de personnes vaccinées (avec les divers vaccins disponibles) des personnes naturellement infectées.
 
Le 26 mai 2021, le comité de pilotage multidisciplinaire de ce projet a rendu un état des lieux des recherches sur les chiens renifleurs COVID-19 à la « Task Force Testing » belge.
 
Ce groupe de travail fédéral a souligné l'intérêt des résultats performants de cette étude mais a décidé que dans les circonstances actuelles, il n'était pas approprié d'utiliser ces chiens de manière opérationnelle pour les raisons suivantes :
  • Une enquête a révélé qu'environ 10% de la population a peur du contact direct avec les chiens.
  • Le test actuellement validé avec des chiens (garder des boules de coton sous l'aisselle pendant 10 minutes s'avère suffisant) n'offre aucune valeur ajoutée par rapport aux tests rapides actuels qui donnent également des résultats dans les 10 minutes.
  • Les 6 chiens validés ont d'autres missions telles que la recherche d'explosifs et la "recherche et sauvetage" de personnes (Rescue Dogs).
  • Il faudrait trop de temps pour former de nouveaux chiens à la recherche directe sur les patients humains (plutôt que via des prélèvements de sueur).
  • Il n'existe actuellement aucun cadre juridique en Belgique pour l'utilisation des « chiens détecteurs médicaux ».
Le comité de pilotage multidisciplinaire va maintenant poursuivre le traitement de toutes les données de recherche et dès l'acquisition des derniers résultats des analyses chimiques, une publication scientifique sera rédigée.
 

Communiqué de presse de l'Université de Gand

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