Usage des opioïdes dans la douleur chronique, des recommandations américaines
La douleur chronique, si elle est commune, est également invalidante et onéreuse. Entre la fin des années 90 et 2008, la prescription d’opioïdes a nettement augmenté, parallèlement à la morbimortalité liée à ceux-ci, y compris les décès par overdose. Selon les données des Centers for Disease Control (CDC), le taux de délivrance d’opiacés a progressé à partir de 2006, un maximum ayant été atteint en 2012 avec 255 millions de prescriptions (équivalent à 81,3 prescriptions pour 100 habitants), suivi d’un net recul les années suivantes, avec 43,3 prescriptions pour 100 personnes en 2020. Malgré cette diminution, on déplora 50 000 décès par overdose par an, dont 28 % liés à l’héroïne, sachant que près de 80 % des utilisateurs d’héroïne ont consommé antérieurement des opioïdes.
En 2022, l'US Department of Veterans Affairs (VA) et celui de la Defense (DoD) ont actualisé leurs précédentes recommandations concernant la gestion des traitements par opioïdes. Pour ces directives, la définition de la douleur chronique retenue était une douleur persistante et récurrente pendant au moins 90 jours, avec prise d'opioïdes durant une période de plus de 3 mois. Par rapport aux précédentes préconisations, les experts ont également inclus une recommandation en cas de recours aux opioïdes dans les douleurs aiguës majeures ainsi qu'une portant sur le recours à la buprénorphine plutôt qu'aux agonistes opiacés.
Vous désirez lire la suite de cet article ?
Inscrivez-vous