Les rhumes au fil des saisons
« En avril, ne te découvre pas d’un fil, en mai fais ce qu’il te plaît », selon le dicton français. Pourtant, les virus ne respectent pas de trêve estivale, comme l’a démontré le pic de COVID-19 survenu en juillet 2024. Alors que rhumes et grippes sont plus fréquents en hiver sous nos latitudes, les virus atteignent leur pic durant la saison des pluies dans les zones tropicales...
Diverses études indiquent que le climat joue très probablement un rôle dans l'activité et la propagation des pathogènes respiratoires. Les facteurs environnementaux peuvent avoir une influence directe sur la transmission ou la stabilité des virus dans les gouttelettes, et peuvent également affecter les mécanismes de défense de l'organisme.
La transmission des pathogènes respiratoires se fait selon trois voies distinctes : la transmission aérienne par des aérosols de petite taille (< 5 μm) qui restent en suspension dans l'air pendant un certain temps, des gouttelettes plus grosses qui entrent en contact direct avec les muqueuses de personnes non infectées, ou encore un contact (in)direct avec des sécrétions infectieuses, par exemple directement via une personne contaminée ou indirectement via des surfaces contaminées.
Plusieurs facteurs influencent l'activité des virus. En particulier, la température, l'humidité de l'air et la lumière du soleil jouent un rôle déterminant.
On estime que la température et l'humidité influencent les protéines de surface virales et la membrane lipidique, ce qui peut avoir un impact direct sur la stabilité des virus enveloppés, tels que les virus grippaux. La saturation ou l'évaporation de l'air affecte la stabilité et la dynamique des gouttelettes ou des aérosols, ce qui influence également la stabilité et la transmission du virus. Les variations du volume d'eau, de la taille à l'équilibre, de la surface des gouttelettes, de la concentration en sels et du pH peuvent également jouer un rôle.
Une étude récente a examiné la durée de vie des aérosols en fonction de l'humidité de l'air 1. Les chercheurs ont constaté que les particules de taille moyenne (50 μm) restent dans l'air sensiblement plus longtemps à forte humidité qu'à faible humidité. Toutefois, ce rapport peut varier selon la taille des particules. Les chercheurs ont pu démontrer que l'humidité avait un impact sur la distance que peuvent parcourir les particules depuis leur point d'origine. Pour les particules de taille moyenne (50 μm), cette portée était nettement plus grande en présence d'une forte humidité.
Des observations similaires ont été faites en ce qui concerne la température. Sur la base d'observations expérimentales menées chez l'animal, l'hypothèse a été avancée selon laquelle les infections respiratoires peuvent être transmises de différentes manières selon le climat.
En hiver, la transmission par aérosols est donc favorisée, car ceux-ci restent plus longtemps en suspension dans l'air à l'intérieur. À l'inverse, une atmosphère tropicale, caractérisée par une forte humidité, provoque une sédimentation plus rapide des aérosols et des gouttelettes, qui restent cependant plus stables sur les surfaces, favorisant ainsi potentiellement la transmission par contact indirect. Outre la température et l'humidité, la lumière solaire joue également un rôle important. Des études récentes ont démontré l'effet inactivant des rayons UV sur le SARS-CoV-2. Par ailleurs, l'exposition au soleil influence directement les taux de vitamine D dans l'organisme, ce qui peut aussi renforcer la réponse immunitaire. Et que s'est-il passé l'année dernière ? Elle fut particulièrement pluvieuse et sombre, avec une humidité élevée…
Il existe également des indications selon lesquelles l'épithélium est altéré par le froid ou un faible taux d'humidité. Que se passe-t-il alors par temps chaud ? Nous allumons la climatisation. Nous sommes donc exposé·es à un air froid et sec, qui affaiblit l'épithélium et facilite la circulation des virus.
La transmission des maladies infectieuses est un processus dynamique fortement influencé par le comportement humain. Outre les règles d'hygiène de base, d'autres facteurs entrent en ligne de compte, tels que le nombre et la durée des contacts sociaux, la ventilation et même les voyages en avion. Les déplacements ont récemment joué un rôle majeur dans la propagation du COVID-19…
Sources :