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Rhinosinusite chronique, le tableau clinique

On parle de rhinosinusite chronique (RSC) lorsque les symptômes persistent pendant douze semaines. Cette maladie hétérogène peut considérablement affecter la qualité de vie du patient. Elle est également considérée comme un facteur de risque pour la santé.

Globalement, la prévalence de la sinusite chronique en Belgique est de 10 % de la population, contre 10 % en Europe. La pollution atmosphérique, les différences dans les habitudes alimentaires et les modes de vie jouent probablement un rôle. La sinusite chronique apparaît généralement à l'âge adulte, mais peut également toucher les enfants et les adolescents.

Le tableau clinique d'une rhinosinusite chronique (RSC) est hétérogène et parfois difficile à distinguer d'autres pathologies telles que les douleurs dentaires ou la rhinite allergique. Les principaux symptômes de la RSC sont la congestion nasale ou l'écoulement nasal, le rinorrhée antérieure ou postérieure (augmentation du flux de sécrétions nasales vers l'avant ou dans la gorge), une sensation de pression/douleur au niveau du visage et une altération de l'odorat. Divers symptômes secondaires locaux et généraux affectent la qualité de vie, tels que l'otalgie, la toux, la fatigue et les troubles du sommeil. Les symptômes persistent pendant plus de 12 semaines, ce qui distingue la RSC de la rhinosinusite aiguë et subaiguë. La RSC ne doit pas être confondue avec la rhinite allergique : en cas d'allergie, les maux de tête et la perte de l'odorat sont absents ou négligeables, tandis que le patient se plaint plutôt d'un écoulement nasal aqueux et de démangeaisons oculaires. Il existe également une sinusite récidivante, caractérisée par plusieurs épisodes de sinusite par an. Cette maladie est plutôt causée par des anomalies anatomiques, telles que des sinus obstrués ou une déviation de la cloison nasale.

La RSC entraîne une diminution significative de la qualité de vie, comparable à celle observée dans la maladie de Parkinson, l'asthme modéré ou la bronchopneumopathie chronique obstructive. Chez 20 à 45 % des patients, la RSC est associée à un asthme bronchique comorbide et à un risque significativement accru d'autres maladies (par exemple, maladie pulmonaire obstructive chronique, dépression, apnée obstructive du sommeil et même cancer).

La physiopathologie de la RSC n'est pas encore entièrement comprise, mais l'hypothèse antérieure selon laquelle la RSC résulte d'une rhinosinusite aiguë non guérie et d'une ventilation ou d'un drainage réduit des sinus paranasaux est désormais dépassée. On suppose désormais que la RSC se développe à la suite d'une interaction dysfonctionnelle entre différents facteurs environnementaux et le système immunitaire. Une fonction de barrière muqueuse perturbée joue ici un rôle déterminant. Il en résulte une inflammation chronique avec remodelage tissulaire, dans laquelle on distingue les types d'inflammation 1, 2 et 3. Les différents types d'inflammation peuvent apparaître séparément ou en combinaison et constituent l'endotype de l'inflammation. L'endotype influence la gravité de la maladie, la réponse au traitement et le pronostic.

L'endotype présent est déterminé par les cytokines et les cellules inflammatoires dominantes. On distingue le type 1, caractérisé par l'IFN-γ, le type 2, avec l'IL-4, l'IL-5, l'IL-13, les éosinophiles et les mastocytes, et le type 3, avec l'IL-17 et les neutrophiles, le type 2 étant aujourd'hui généralement distingué de l'inflammation non de type 2. Sur la base du phénotype endoscopique, la RSC est classiquement divisée en deux formes : avec (CRSwNP - chronic rhinosinusitis with nasal polyps en anglais) et sans (CRSsNP) polypes nasaux, qui sont encore très fréquentes aujourd'hui.

RSC et asthme

En cas de RSC, le médecin généraliste doit également être attentif à l'asthme. Ces deux maladies sont souvent associées et s'influencent mutuellement. Les patients atteints de rhinosinusite chronique souffrent également d'asthme dans 20 à 45 % des cas, et dans le cas d'une rhinosinusite chronique avec polypes nasaux, cela touche pas moins de 40 à 67 % des patients. À l'inverse, la RSC est présente chez 11 à 51,1 % des adultes souffrant d'asthme sévère et la CRSwNP chez 4,9 à 23,3 % des cas. Les mécanismes physiopathologiques de l'inflammation de type 2 présentent également de grandes similitudes. La présence simultanée des deux maladies est associée à un risque accru de gravité de la maladie et à des exacerbations fréquentes.

Pascale Pierard - Lien d'intérêts financiers : aucun • MediQuality