Régimes végétaliens : des insuffisances en acides aminés essentiels, même en cas d’apports protéiques suffisants
Parmi les personnes sous régime végétalien, même celles consommant assez de protéines présentent des apports insuffisants de certains acides aminés essentiels, en particulier la leucine et la lysine, révèle une étude néo-zélandaise publiée dans la revue PLoS ONE.
Vertueux à bien des égards, notamment pour la santé et l'environnement, les régimes sans viande, végétarien ou végétalien, exposent les personnes qui les suivent à des apports insuffisants de plusieurs vitamines et minéraux. Parmi eux, le fer, l'iode, la vitamine B12 et la vitamine D.
Quant aux protéines, elles sont naturellement présentes dans certains végétaux, notamment les légumineuses et le soja, auxquels ces consommateurs recourent régulièrement afin de garantir des apports protéiques suffisants. Toutefois, ces protéines végétales ne semblent pas complètement équivalentes à celles d'origine animale, confirme une étude néo-zélandaise publiée dans PLoS ONE par l'équipe de Warren McNabb, du Riddet Institute (Palmerston North, Nouvelle-Zélande), plus important centre de recherche néo-zélandais sur l'alimentation.
Les chercheurs ont suivi pendant quatre jours les habitudes alimentaires de 193 végétaliens néo-zélandais (1). A première vue, les apports protéiques étaient jugés suffisants pour la plupart des participants : plus de 90% présentaient une consommation de protéines conforme aux besoins moyens estimés dans la population générale. Les résultats étaient moins favorables lorsque les chercheurs tenaient compte de la digestibilité des aliments, plus faible pour ceux d'origine végétale. Dès lors, les participants n'étaient plus que 78,8% (chez les hommes) et 73% (chez les femmes) à présenter des apports protéiques suffisants.
Mais c'est sur les acides aminés essentiels, ceux que le corps humain est incapable de synthétiser et dont les apports alimentaires sont donc cruciaux, que la situation était la plus critique. En tenant compte de la digestibilité des aliments consommés par les participants, seuls 50% d'entre eux présentaient des apports suffisants en leucine et en lysine, deux acides aminés essentiels. Ces carences semblaient plus fréquentes chez les personnes présentant un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé.
« Parmi les végétaliens consommant suffisamment de protéines, seuls 55,6% atteignaient des niveaux suffisants de tous les acides aminés essentiels. Ce qui confirme que la qualité des protéines n'est pas toujours garantie, même quand les apports protéiques semblent suffisants », commentent les auteurs.
« Les régimes végétaliens constituent la forme la plus restrictive parmi les régimes sans viande. Parvenir à des apports protéiques de qualité nécessite bien plus que de consommer assez de protéines. Cela dépend aussi d'un bon équilibre entre les différents aliments, afin d'obtenir l'ensemble des acides aminés dont notre corps a besoin, dans des quantités adéquates. Des déficiences prolongées de ces nutriments indispensables peuvent être délétères, notamment pour le maintien de la fonction musculaire, en particulier chez les personnes les plus fragiles », ajoutent-ils.
Selon l'équipe, il pourrait être plus profitable, afin de combler ces apports insuffisants, d'accroître sa consommation de légumineuses, de noix et de graines, plus riches en acides aminés essentiels que d'autres aliments d'origine végétale, tels que les céréales. « Un régime consistant uniquement en aliments végétaux [celui des végétaliens exclut produits laitiers, œufs, miel…] pourrait nécessiter un rehaussement des apports protéiques conseillés afin que ces personnes puissent répondre à leurs besoins métaboliques », ajoutent-ils.
Source :
- Evaluation of protein intake and protein quality in New Zealand vegans, Soh et al., PLoS One. 2025 Apr 16;20(4):e0314889. doi: 10.1371/journal.pone.0314889