Dossiers  >   Compléments alimentaires  >  Cancer du sein : les bénéfices des oméga-3 sur la qualité de vie

Cancer du sein : les bénéfices des oméga-3 sur la qualité de vie

Certains compléments alimentaires, notamment ceux à base d’omega-3, pourraient avoir un intérêt pour améliorer la qualité de vie des femmes traitées pour un cancer du sein, et atténuer les effets indésirables liés au traitement anticancéreux, suggère une méta-analyse publiée dans la revue Nutrients.

Au cours des dernières décennies, la prise en charge du cancer du sein a connu d'importants progrès, aussi bien en termes de chirurgie, de chimiothérapie et de radiothérapie, plus récemment avec les thérapies ciblées. Pourtant, « ces interventions entraînent souvent des effets indésirables handicapants, dont de la fatigue, des nausées, une immunodépression et des complications à long terme », qui peuvent sévèrement altérer la qualité de vie, rappelle l'équipe de Giuseppe Di Lorenzo, oncologue à l'hôpital de Salerne (Italie).

Qu'ils soient à  base de vitamines, de minéraux ou de plantes, certains compléments alimentaires pourraient présenter un intérêt pour atténuer ces effets indésirables, notamment en raison de leurs effets antioxydants. Dans leur méta-analyse publiée dans Nutrients, les chercheurs italiens font le point sur les essais randomisés contrôlés ayant comparé divers compléments à un placebo chez des patientes traitées pour un cancer du sein (1). A l'issue d'une recherche bibliographique, ils ont identifié 45 publications d'intérêt, dont certaines semblent en effet suggérer des bénéfices.

Tel est notamment le cas des acides gras de type oméga-3. Lors d'une étude menée sur 38 patientes traitées par anti-aromatase, la prise quotidienne de 4 grammes d'omega-3 était liée à une moindre résorption osseuse, l'un des effets indésirables de ces traitements anticancéreux (2). D'autres travaux ont mis en évidence un moindre risque de sécheresse buccale. Selon une autre étude contrôlée, la prise de ces acides gras serait aussi liée à une baisse des taux de VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor) et de Ki-67, marqueur de prolifération tumorale.

Les résultats sont moins concluants pour la vitamine D. Si certains essais ont mis en évidence des effets anti-inflammatoires, ceux-ci ne se traduisent pas par une baisse des marqueurs angiogéniques. De même, les travaux sur la vitamine D n'ont pas révélé de bénéfices significatifs sur les arthralgies liées aux anti-aromatases, ni sur la préservation de la réserve ovarienne, mise à mal par la chimiothérapie.

Parmi les autres compléments étudiés, rares sont ceux présentant un intérêt significatif, à l'exception du bêta-glucane, polysaccharide constitutif de la paroi des levures et champignons, qui semble lié à des bénéfices immunitaires (3). En revanche, les compléments à base de mélatonine étaient sans effet significatif sur la fatigue, de même que ceux à base de créatine n'amélioraient pas la performance musculaire. Quant aux produits à base de plantes, les résultats étaient dans l'ensemble négatifs, sauf pour la silymarine, extraite du chardon-Marie, liée à un effet protecteur sur le foie (4).

Selon les chercheurs, ce champ de recherche demeure encore pauvre en études à long terme, qui pourraient déterminer si certains produits peuvent améliorer les chances du patient. Rappelant l'intérêt primordial d'une alimentation saine et équilibrée, ils appellent à la vigilance : « certains produits peuvent interférer avec la chimiothérapie, altérant leur efficacité ou accroissant le risque d'effets indésirables. De même, ils peuvent interagir avec l'hormonothérapie, comme le tamoxifène. Les professionnels de santé devraient évaluer avec vigilance le risque d'interactions avant de recommander tout complément aux patientes atteintes d'un cancer du sein ».

Sources :

  1. Impact of dietary supplements on clinical outcomes and quality of life in patients with breast cancer : a systematic review, Scafuri et al., Nutrients. 2025 Mar 11;17(6):981. doi: 10.3390/nu17060981
  2. High-dose eicosapentaenoic acid and docosahexaenoic acid supplementation reduces bone resorption in postmenopausal breast cancer survivors on aromatase inhibitors: a pilot study, Hutchins-Wiese et al., Nutr Cancer. 2014;66(1):68-76. doi: 10.1080/01635581.2014.847964
  3. Effect of beta glucan on white blood cell counts and serum levels of IL-4 and IL-12 in women with breast cancer undergoing chemotherapy: a randomized double-blind placebo-controlled clinical trial, Ostradrahimi et al., Asian Pac J Cancer Prev. 2014;15(14):5733-9. doi: 10.7314/apjcp.2014.15.14.5733
  4. The hepatorenal protective effects of silymarin in cancer patients receiving chemotherapy: a randomized, placebo-controlled trial, Erfanian et al., BMC Complement Med Ther. 2024 Sep 4;24(1):329. doi: 10.1186/s12906-024-04627-7
Impact of Dietary Supplements on Clinical Outcomes and Quality of Life in Patients with Breast Cancer: A Systematic Review
High-dose eicosapentaenoic acid and docosahexaenoic acid supplementation reduces bone resorption in postmenopausal breast cancer survivors on aromatase inhibitors: a pilot study
Effect of beta glucan on white blood cell counts and serum levels of IL-4 and IL-12 in women with breast cancer undergoing chemotherapy: a randomized double-blind placebo-controlled clinical trial
The hepatorenal protective effects of silymarin in cancer patients receiving chemotherapy: a randomized, placebo-controlled trial

Romain Loury - Lien d'intérêts financiers : aucun • MediQuality