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Le gras et le surpoids, ennemis du dos

Une équipe de l'université de Munich (TUM) a publié une étude sur les douleurs dorsales dans la revue Lancet Regional Health. Elle établit un lien entre le surpoids et les douleurs dorsales chroniques à partir des données IRM de milliers de patients.

Le mal de dos touche plus de 80 millions de personnes en Europe et constitue la cause la plus fréquente d'incapacité de travail. Lorsque la douleur persiste pendant plus de 3 mois, on parle de mal de dos chronique, qui non seulement limite considérablement la qualité de vie des personnes touchées, mais représente également une charge importante pour le système de santé.

La cause exacte des maux de dos est souvent difficile à diagnostiquer. Est-ce dû à une mauvaise posture, à un déséquilibre musculaire, au stress, à des problèmes de pieds, à un blocage ? Le traitement est tout aussi difficile : la prise prolongée d'analgésiques et d'anti-inflammatoires est mauvaise pour l'estomac et peut provoquer une dépendance. Certaines causes physiques peuvent être traitées, mais si aucune cause réelle n'est trouvée, que faire ? L'utilité de la marche pour lutter contre le mal de dos est prouvée depuis longtemps. Le surpoids et l'obésité sont également des causes évidentes.

La composition musculaire est souvent négligée dans les diagnostics de routine, mais elle semble être une pièce du puzzle possible pour les douleurs dorsales chroniques, en particulier en combinaison avec d'autres facteurs tels que le mode de vie, les aspects psychologiques et biomécaniques », a déclaré Sebastian Ziegelmayer, scientifique et médecin à l'hôpital TUM.

Cette étude allemande examine l'association entre la masse musculaire maigre (lean muscle mass (LMM)) et le tissu adipeux intermusculaire (InterMAT) et les douleurs dorsales chroniques à l'aide d'une imagerie par résonance magnétique non invasive du corps entier (IRM).

La douleur dorsale chronique a été définie comme une douleur dorsale persistante > 3 mois. Le LMM et l'InterMAT ont été quantifiés à l'aide de segmentations musculaires basées sur l'IRM à l'aide d'un modèle d'apprentissage profond validé. Dans l'analyse statistique, ils ont également pris en compte divers facteurs d'influence, tels que l'âge, le sexe, l'activité physique et des affections telles que le diabète, la dyslipidémie, l'ostéoporose ou l'arthrose.

L'équipe de recherche a analysé l'ensemble des données IRM de 27 518 participants au NAKO, hommes et femmes, âgés de 19 à 74 ans. 21,8 % ont déclaré souffrir de douleurs dorsales chroniques. À l'aide de l'intelligence artificielle, les chercheurs ont fait la distinction entre la masse musculaire riche en graisse et la masse musculaire non riche en graisse.

Il s'est avéré qu'une valeur plus élevée de tissu adipeux dans les muscles était associée à un risque accru de douleurs dorsales chroniques, tandis qu'une masse musculaire plus importante était associée à un risque moindre. L'étude associe également la pratique régulière d'un sport à une réduction de la prévalence des maux de dos. Une autre confirmation : des muscles faibles et un excès de graisse favorisent non seulement les douleurs dorsales chroniques, mais aussi l'ostéoporose et l'arthrose.

Une intensité de douleur plus élevée (échelle d'intensité de la douleur ≥ 4) était corrélée à une LMM plus faible et à un InterMAT plus élevé, indépendamment de l'activité physique, de l'ostéoporose et de l'arthrose.

Faire du sport, mais combien ?

L'étude fournit également des preuves que l'activité physique - à un niveau conforme aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de 150 minutes d'exercice modéré à intense par semaine - est corrélée à la plus faible incidence de douleurs dorsales, tandis que trop peu ou trop d'exercice physique augmente le risque.

Compte tenu des limites de l'étude transversale, ces résultats peuvent être considérés comme une incitation à poursuivre les recherches causales dans un cadre multidisciplinaire plus large afin d'orienter les futures recherches vers une amélioration de la prévention et du traitement. Les résultats peuvent également être utiles aux médecins pour motiver leurs patients à perdre du poids et à se muscler. Les muscles constituent le corset du squelette...

Source :

Intermuscular adipose tissue and lean muscle mass assessed with MRI in people with chronic back pain in Germany: a retrospective observational study - The Lancet Regional Health – Europe

Intermuscular adipose tissue and lean muscle mass assessed with MRI in people with chronic back pain in Germany: a retrospective observational study

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