Maladie artérielle périphérique : arrêter de fumer est possible grâce à un accompagnement intensif
Le tabagisme est un facteur de risque important pour les maladies artérielles périphériques (MAP). Il est donc recommandé d'arrêter de fumer, notamment pour réduire le risque de complications après une intervention chirurgicale. En ce qui concerne les méthodes pour arrêter de fumer et les facteurs qui ont un impact positif ou négatif sur l'arrêt du tabac, il n'y a en réalité pas beaucoup de différence avec la population générale. Les auteurs français de cette étude ont toutefois cherché à identifier d'éventuelles différences.
Le vieillissement démographique en Europe entraîne une augmentation de la prévalence de la MAP. Le tabagisme est un facteur de risque important, indépendant et modifiable pour la MAP. Une revue systématique a montré que la moitié des cas de MAP sont liés au tabagisme. Mais même après une revascularisation périphérique, lorsque le patient continue de fumer, le risque de défaillance du greffon est plus élevé, 57 % de ces défaillances pouvant être attribuées au tabagisme.
C'est pourquoi l'arrêt du tabac reste la mesure la plus efficace pour prévenir les MAP et leurs complications. Mais comme pour certains groupes de patients spécifiques, il manque des études qui fournissent aux prestataires de soins des méthodes pour encourager les patients atteints de MAP à arrêter de fumer. Les directives américaines pour l'arrêt du tabac en cas de MAP reprennent les mêmes recommandations que pour les fumeurs sans MAP : substitution nicotinique, varénicline, bupropion, thérapie cognitive (en combinaison avec une pharmacothérapie). Les chercheurs de cette étude française se sont intéressés au profil des patients atteints de MAP qui souhaitaient bénéficier d'une aide au sevrage tabagique auprès de services de santé français spécialisés dans le sevrage tabagique.
Dans un premier temps, ce sont principalement les hommes (76 %) atteints de MAP qui souhaitaient arrêter de fumer, avec un âge médian de 57 ans (SD, ± 9). Près de la moitié fumaient plus de 20 cigarettes par jour (48 %), 65 % présentaient une forte dépendance à la nicotine et 30 % n'avaient jamais essayé d'arrêter de fumer auparavant. Sur les 3 656 fumeurs atteints de MAP, 46 % ont réussi à ne pas fumer pendant au moins un mois, ce qui a été confirmé par un test de monoxyde de carbone. Les facteurs suivants ont favorisé l'arrêt du tabac : une tentative antérieure d'arrêter de fumer, une grande confiance dans les effets positifs de l'arrêt du tabac, un nombre croissant de consultations de suivi (74 % pour sept rendez-vous de suivi ou plus) et la prescription de patchs à la nicotine (éventuellement en combinaison avec des formes orales) et/ou de varénicline lors de la première consultation. Bien sûr, certains facteurs ont également eu un impact plutôt négatif : le diabète, la prise d'antidépresseurs, le chômage, une dépendance modérée à élevée à la nicotine, la consommation de cannabis au cours des 30 jours précédents (seul un tiers a réussi à s'abstenir) et l'utilisation exclusive de formes orales de substitution nicotinique. Dans l'ensemble, il n'y avait en fait pas beaucoup de différences entre la population générale et les patients atteints de MAP en ce qui concerne les facteurs favorisant l'arrêt du tabac et ceux qui y faisaient obstacle, selon les auteurs. L'orientation vers un programme de sevrage tabagique était importante, mais nous avons également lu dans cette étude « que les prestataires de soins ne sont pas suffisamment impliqués dans les stratégies de sevrage tabagique, en partie à cause d'un manque de temps et de ressources ».
Un problème pratique bien connu que de nombreux prestataires de soins évoquent lorsqu'on les interroge sur les obstacles qui les empêchent de conseiller à leurs patients d'arrêter de fumer. Dans la pratique, les résultats ont confirmé qu'il est possible d'arrêter de fumer chez les patients atteints de MAP grâce à un traitement intensif et adapté. La prescription d'une pharmacothérapie associée à des rendez-vous de suivi a prolongé la période d'arrêt du tabac. Ces premiers entretiens pourraient en fait avoir lieu pendant l'hospitalisation. Les chirurgiens vasculaires ont ici un rôle de référence à jouer. Enfin, comme c'est souvent le cas avec ce type d'études, les auteurs ont appelé les professionnels de santé non seulement à orienter davantage leurs patients vers des spécialistes, mais aussi à suivre eux-mêmes davantage de formations sur le sevrage tabagique.
Source :
Factors associated with smoking cessation in patients with peripheral arterial disease consulting French cessation services. J Vasc Surg. 2025 Aug;82(2):605-616.e2. doi: 10.1016/j.jvs.2025.03.002.