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Cancer du sein précoce à haut risque, HR+/HER2- : pas de bénéfice du palbociclib (ESMO 2021)

Les résultats de l’étude PENELOPE-B n’avaient pas montré de bénéfice de l’ajout du palbociclib à l’hormonothérapie, après une thérapie néoadjuvante, en termes de survie sans progression, chez des patientes atteintes de cancer du sein précoce à haut risque, HR+/HER2-, invasif résiduel. Une nouvelle analyse a évalué l’impact de cette stratégie sur la qualité de vie de ces patientes.

PENELOPE-B est une étude de phase III prospective, multicentrique, multinationale, randomisée, en double aveugle et contrôlée par placebo, menée chez 1.250 patientes présentant un cancer du sein précoce à haut risque, HR+/HER2-, invasif résiduel après une chimiothérapie néoadjuvante pendant au moins 16 semaines, suivie d'une chirurgie définitive (comprenant la résection de toute maladie invasive cliniquement évidente et un curage des ganglions lymphatiques axillaires ipsilatéraux ou une biopsie du ganglion sentinelle), et d'une radiothérapie en fonction des directives locales.

Les patientes ont été randomisées selon un ratio 1:1 pour recevoir soit du palbociclib 125 mg/jour (n=631), soit un placebo (n=619) par voie orale pendant 3 semaines, suivi d'une semaine d'arrêt, en association avec l'hormonothérapie, pendant 13 cycles.

Les résultats déclarés par les patientes (PROs : Patient-reported outcome) ont été évalués lors du screening, au premier jour des cycles 1, 3, 5, 7, 9, 11, puis, tous les 6 mois après la visite de fin de traitement, sur base du questionnaire de qualité de vie de l'Organisation Européenne pour la Recherche et le Traitement du Cancer (EORTC QLQ-C30), et de ses modules spécifiques au cancer du sein (BR23) et à la fatigue (FA13). Des scores plus élevés au questionnaire C30 et au module FA13 (échelle de 0 à 100) indiquent respectivement un meilleur fonctionnement et un meilleur état de santé global/qualité de vie ou une plus faible sévérité des symptômes. Au total, 924 des 1.250 patientes (73,9%) ont rempli le questionnaire au départ et au moins un questionnaire relatif à tous les outils par la suite.

Le score EORTC QLQ-C30 était généralement élevé dans les deux bras de traitement (moyenne [ET] : palbociclib 70,1 [19,3], placebo 71,4 [18,8]), et était légèrement plus élevé dans le bras placebo (p<0,001), surtout pendant la phase de traitement actif de l'étude.

La fonction physique mesurée sur l'échelle EORTC QLQ-C30 était légèrement meilleure dans le bras placebo (moyenne [ET] : palbociclib 85,8 [16,3], placebo 86,7 [15,6]. 86,7 [15,6]), et ce, jusqu'à environ un an environ après la fin du traitement. Aucune différence statistiquement significative n'a été observée pour la fonction physique dans le FA13.

Enfin, le score EORTC QLQ-C30 a révélé moins de fatigue dans le groupe placebo (moyenne [ET] : palbociclib 30,3 [23,8], placebo 28,2 [22,7]) pendant la phase active de l'étude. Aucune différence statistiquement significative n'a été observée entre les sous-échelles de fatigue physique, cognitive et émotionnelle du FA13.

Les auteurs concluent que la qualité de vie globale rapportée par les patientes s'est généralement maintenue au cours de l'étude dans les deux bras de traitement.

De légères différences en termes d'état de santé global, de fonction physique et de la fatigue, favorisaient statistiquement le bras placebo, mais aucune n'a atteint les seuils cliniquement significatifs.

 

Référence

García-Sáenz J. A. et al., Quality of life from the Penelope-B study on high-risk HR+/HER2- early breast cancer patients treated with endocrine therapy with or without Palbociclib. ESMO 2021 – 122 MO.

 
 
 

Caroline Vrancken - Lien d'intérêts financiers : aucun •