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Détermination du profil des patientes incluses dans MonarchE ? (ESMO 2021)

20/10 - Fin septembre, le congrès de l’ESMO (European Society for Medical Oncology) a présenté les dernières avancées dans le traitement du cancer, qui peuvent être mises en pratique dès aujourd’hui, pour diverses tumeurs dont les tumeurs mammaires.

MonarchE est une étude de phase 3, ouverte qui a été menée auprès de 5.637 personnes atteintes d'un cancer du sein précoce à haut risque, HR+, HER2- qui ont été randomisées pour recevoir soit une hormonothérapie seule (ET) soit une hormonothérapie associée à une prise biquotidienne de 150 mg d'abémaciclib (A+ET), pendant 2 ans.

Les patient(e)s ont été catégorisés en fonction de leur traitement antérieur (chimiothérapie néoadjuvante vs adjuvante vs pas de chimiothérapie), leur statut ménopausique déterminé au moment du diagnostic (les patients de sexe masculin ont été assimilés à des patientes ménopausées), et la région (Amérique du Nord et Europe vs Asie vs autre).

Sur 5.637 patient(e)s, 2.451 (43,5%) étaient pré-ménopausées et 3.181 (56,5%) étaient ménopausées,  d'un âge médian respectif de 44 et 59 ans. Parmi les patientes pré-ménopausées, 31,5% étaient âgées de 40 ans ou moins.  Les patientes pré-ménopausées présentaient plus souvent une tumeur de taille plus importante (≥ 5 cm), et avaient plus souvent subi une chimiothérapie néoadjuvante.

Traitement hormonal des femmes pré-ménopausées

L'analyse a révélé que l'utilisation des inhibiteurs de l'aromatase était la plus élevée chez les patientes pré-ménopausées, âgées de ≤ 40 ans (49,9% dans le bras A+ET, et 49,4 % dans le bras ET). L'utilisation du tamoxifène était la plus élevée chez les patientes pré-ménopausées de > 40 à ≤ 50 ans (60,1% dans le bras A+ET, et 65,0% dans le bras ET). L'utilisation d'agonistes de la GnRH était la plus élevée chez les patientes pré-ménopausées de ≤ 40 ans, quel que soit le bras de traitement ou la thérapie hormonale.

1ère thérapie hormonale en fonction du statut ménopausique

La majorité des patientes ménopausées ont reçu un inhibiteur de l'aromatase comme première thérapie hormonale (A+ET : 89,9%, ET : 88,7%), tandis que la majorité des patientes pré-ménopausées ont reçu du tamoxifène (A+ET : 57%, ET : 59,4%). Parmi les patientes pré-ménopausées, environ la moitié ont reçu de la GnRH, quel que soit le bras de traitement ou la thérapie hormonale, la GnRH étant majoritairement utilisée en association avec un inhibiteur de l'aromatase.

1ère thérapie hormonale en fonction du pays

Dans tous les pays, la majorité des patientes ménopausées ont reçu un inhibiteur de l'aromatase comme premier traitement endocrinien. En revanche, il y avait des différences chez les patientes pré-ménopausées ; ainsi par exemple, aux États-Unis, 42% recevaient du tamoxifène contre 58% d'inhibiteurs de l'aromatase, au Japon, 95% recevaient du tamoxifène contre 5% d'inhibiteurs de l'aromatase, et en Chine, 3% recevaient du tamoxifène contre 97% d'inhibiteurs de l'aromatase.

Les auteurs concluent que les différences dans les pratiques de prescription de l'hormonothérapie et des agonistes de la GnRH peuvent résulter de la décision du médecin, de celle des patient(e)s de recevoir le traitement, aux directives locales ou aux pratiques de remboursement, ou au fait que les données ont été saisies dans l'étude au moment du diagnostic.

 

Référence

Shani Paluch S. et al., Adjuvant endocrine therapy combined with abemaciclib in monarchE patients with high risk early breast cancer: disease characteristics and endocrine therapy choice by menopausal status ESMO 2021 - 153P

 
 
 
 

Caroline Vrancken - Lien d'intérêts financiers : aucun •