Dossiers  >   Douleurs  >  Arthrose de la hanche : d’abord un traitement conservateur

Arthrose de la hanche : d’abord un traitement conservateur

Bien que certaines études suggèrent qu’une prothèse totale de hanche (PTH) constitue la meilleure solution en cas d’arthrose de la hanche, d’autres spécialistes sont enclins à privilégier dans un premier temps des approches alternatives.

La dysplasie développementale de la hanche se caractérise par des géométries acétabulaire et fémorale anormales, modifiant les charges articulaires et augmentant le risque d'arthrose de la hanche. La compréhension actuelle de la biomécanique dans cette population reste limitée à l'articulation coxofémorale et se concentre principalement sur la marche sur terrain plat, ce qui ne reflète peut-être pas les conditions de charge variables qui contribuent aux symptômes et aux lésions intra-articulaires.

Trente jeunes femmes adultes (dont 15 présentant une dysplasie) ont été soumises à une analyse de la marche – montée et descente sur une pente de 10° – pendant laquelle ont été enregistrés la cinématique de l'ensemble du corps, les forces de réaction du sol et l'électromyographie (EMG). La cinématique des articulations lombaires, coxofémorales et fémorotibiales ainsi que les moments articulaires internes ont été calculés à l'aide d'un modèle à 15 segments, et l'EMG intégré a été évalué pour les phases fonctionnelles de la marche. Les variables dépendantes (cinématique articulaire maximale, moments articulaires et EMG intégré) ont été comparées entre les groupes au moyen d'une ANOVA unidirectionnelle, avec correction des comparaisons multiples selon la méthode de Benjamini-Hochberg (α = 0,05).

Lors de la marche sur terrain plat et en montée, les patientes présentant une dysplasie développementale de la hanche présentaient des angles de flexion du tronc, des moments extenseurs lombaires et du genou, ainsi qu'une activité du muscle érecteur du rachis significativement réduits par rapport aux témoins. Ces patientes montraient également une activité diminuée du muscle droit fémoral lors de la phase d'appui en marche sur terrain plat et une activité accrue du grand fessier lors de la marche en descente. Elles adoptent donc des mécanismes de compensation tant proximaux que distaux à l'articulation coxofémorale, qui varient selon l'inclinaison du terrain. Mieux comprendre ces compensations biomécaniques multi-articulaires est essentiel pour appréhender les mécanismes de développement de l'arthrose et des pathologies secondaires.

Une amplitude de mouvement limitée est généralement plus problématique dans l'arthrose de la hanche que dans celle du genou. Ainsi, l'évaluation clinique et le diagnostic de l'arthrose mettent beaucoup plus l'accent sur la limitation de mobilité dans la hanche que dans le genou. Les exercices de souplesse pourraient donc être plus efficaces en cas d'arthrose de la hanche, selon le Dr Hall 1.

Malgré des recommandations constantes en faveur de l'exercice physique dans toutes les lignes directrices, les personnes souffrant d'arthrose de la hanche ou du genou ont davantage de chances d'être orientées vers un orthopédiste que vers un kinésithérapeute. 

Un corps en pause finit en panne

Une étude allemande 2 menée par l'Institut de médecine sociale et d'épidémiologie de l'Université de Lübeck confirme ces constats et estime qu'un traitement kinésithérapeutique peut retarder la pose d'une prothèse de hanche et réduire les symptômes comme la douleur. Les chercheurs ont identifié 14 études examinant si la kinésithérapie en cas d'arthrose de la hanche peut retarder ou éviter une PTH, ou du moins en atténuer les symptômes. Ces études analysent un large éventail d'interventions kinésithérapeutiques, allant d'exercices multifonctionnels visant à renforcer la force, l'endurance et la souplesse, à un entraînement progressif à l'autogestion, en passant par des traitements par bains chauds réguliers. Le vélo est une forme d'exercice particulièrement indiquée qui n'aggrave pas l'arthrose de la hanche. Il peut même aider à réduire la douleur et la raideur. Il est toutefois conseillé d'adapter la pratique en temps utile : en cas d'aggravation des symptômes, des sorties plus courtes ou moins intenses peuvent être bénéfiques. La marche et la natation sont également recommandées : ces activités ménagent en effet les articulations et on sait qu'un corps en pause finit en panne…

Les injections d'acide hyaluronique peuvent également être utiles. Les AINS peuvent procurer un certain soulagement, bien qu'ils ne soient pas exempts d'effets secondaires. Le moment venu, une PTH est recommandée.

Sources :

  1. How does hip osteoarthritis differ from knee osteoarthritis? - PubMed
  2. Physiotherapie kann Hüftgelenksersatzoperation hinauszögern und Schmerzen reduzieren – News – Deutsches Ärzteblatt
  3. Multi-joint biomechanics during sloped walking in patients with developmental dysplasia of the hip - PubMed
How does hip osteoarthritis differ from knee osteoarthritis?
Physiotherapie kann Hüftgelenksersatzoperation hinauszögern und Schmerzen reduzieren
Multi-joint biomechanics during sloped walking in patients with developmental dysplasia of the hip

Pascale Pierard - Lien d'intérêts financiers : aucun • MediQuality